Moi la parisienne qui adore la ville lumière, sa vie intense de jour comme de nuit, sa vie culturelle avec ses muséees, ses expos, ses librairies et aussi sa vie tout court avec ses bars, ses restaurants, ses boutiques... je me retrouve aujourd'hui à résider  dans un tout petit village de zone rurale défavorisée suite à une mutation professionnelle. Il a fallu renoncer aux talons de 12cms, aux tenues et accessoires un peu chics qui ne font pas couleur locale. Ici, peu de commerces : 2 boulangeries, une boucherie, une petite grande surface. La maison de la presse , le grand bazar dont tout le monde parle avec nostalgie car on y trouvait de tout, le cordonnier, le fleuriste, l'épicier ont fermé. Cette petite ville se meurt.

A mon arrivée, le silence, le calme de la campagne m'angoissait. Je me réveillais la nuit angoissée par ce trop grand silence. Nostalgie du bruit des éboueurs quand Paris s'éveille, du bruit de la circulation, des sons de la rue, des bruits de la vie. Moi la parisienne qui prenait le dernier RER, le dernier métro, qui me promenait dans Paris la nuit, je me suis retrouvée à m'angoisser car à 18h, j'étais toute seule dans les rues du village à la recherche d'une boulangerie ouverte. L'épicier qui venait de Paris où il ouvrait toute la nuit était venu s'installer dans le village probablement attiré par les prix des loyers, il n'est pas resté un an, il n'avait presque pas de clients. Il ouvrait jusqu'à 20h, à part moi ou quelques jeunes en manque de bière personne ne venait après 18h.

Ma première année a été très difficile au niveau intégration, adaptation. Au bout de trois ans, je commence à mieux m'adapter, mieux m'intégrer et même à trouver du charme à cette nouvelle vie même si Paris me manque parfois.